21/02/2007

Crossing the bridge

crossingbridge

Alexender Hacke débarque à Istanbul pour composer la musique du film Head-on. Dans cette ville, il rencontre les membres d'un groupe néo-psychédélique, les Baba Zula.
Lorsque leur bassiste les quitte, ils demandent à
Alexander de la remplacer. Il accepte et essaie de capter la diversité musicale d'Istanbul pour l'intégrer à sa musique et la faire connaître
au monde entier.

 

AlexanderHacke

 

 

Alexender Hacke le bassiste du groupe légendaire d'avant-garde allemand Einstürzende Neubauten.  Il est le producteur et il a créé la musique du film et Head on de Fatih Akin (Ours d'or à Berlin en 2004)
et acteur principal de Crossing the bridge du même Akin.

  

headon

 

cros1

 


istanbul Hatirasi 1/5 (belgesel)
envoyé par sayit

1turquie

Baba Zula

 

baba_zula_cd2

  

MU959935TF356_250
 
Orient Expressions
 
orient_expressions_divan
 
dm0022

 

Duman

 

duman-baly_01

 

duman

 

cros1

1turquie

Replikas

 

replikas
 
replikas_cd

 

Erkin Koray

 

koray_erkin_erkinkora_101b

 

Kervanerkinkoray
 

Ceza

 

ceza032006

HPNCD014_CEZA2

cros1

1turquie

Mercan Dede

 

Mercan

 

discs_su

 


Brenna MacCrimmon

 

BrennaMacCrimmon

 

MU970776SW952_250

 

Selim Sesler

 

Selim_Sesler_et_son_ensemble

 

selimsesler

 

cros1


istanbul Hatirasi 4/5 (belgesel)
envoyé par sayit

1turquie

Siyasiyabend

 

siyasiyabend
 

siya

 

Aynur

 

1115969601437_Aynur2

 

aynur

 

Orhan Gencebay

 

sitar

 

orhan_gencebay_LP_1_bir_teselli_Istanbul_Plak

 

;°)

 

cros1


istanbul Hatirasi 5/5 (belgesel)
envoyé par sayit

1turquie

Sezen Aksu

 

sezena

 

turkije_music

 

Müzeyyen Senar

 

muzeyyen_senar

 

senar

 
İstanbul Style Breakers
 
istanbul_style_breakers

 

IMGA0738_resize

cros1

1turquie

18:53 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2007

Histoire des Turcs


Mustafa Kemal Ataturk fondateur de la république Turque
 

Ataturk-29-1

 

Personnage emblématique, héros national de la Turquie dont l'éffigie figure sur tous les billets de banque et dont le buste ou le portrait orne nombre de maisons particulières et tous les monuments, écoles, casernes et autres lieux publics.

Né à Tesalonique en 1881, fils d'un fonctionnaire des douanes, il est très tôt attiré par l'armée et entre en secret à l'académie militaire.
Brillant et très vite remarqué, le jeune Lieutenant-Colonel Mustafa est promu général (pacha) en 1917.

À la faveur du déclin de l'Empire Ottoman et de ses victoires contre les invasions étrangères, il prend le 19 mai 1919 la tête du mouvement nationaliste opposé aux exigences de "l'Entente" avec la Grèce. Cette guerre d'indépendance qui répond à l'invasion de Smyrne (Izmir) prend fin victorieusement en 1922.

Fort de ses nombreuses victoires tant militaires que politiques, il initie le traité de Lausanne qui reconnaît les frontières de la Turquie.
Révolutionnaire fondateur du Parti Républicain du Peuple, Mustafa Kemal décide de réformer son pays en le faisant sortir des archaïsmes ottomans et se tourne résolument vers l'Occident, symbole du progrès.

Il abolit le sultanat le 1er novembre 1922, permet aux femmes de sortir le visage découvert et interdit les mouvements religieux comme celui des derviches tourneurs fondé par Mevlana. Sur sa proposition, l'assemblée nationale vote le texte de la constitution à l'unanimité et proclame la fondation de la République le 29 octobre 1923. Mustafa Kemal est élu Président et restera pendant 15 ans à la tête du pays dont il fera un état laïc et moderne.

Parmi ses victoires politiques on peut noter l'abolition de la polygamie, l'instauration du mariage civil obligatoire en 1925 , la séparation de la religion et de l'État en 1928 , le remplacement de l'alphabet arabe par l'alphabet latin (N.B: On parle ici d'alphabet! la langue turc utilisait l'alphabet arabe avant cette date, car l'alphabet arabe etait l'alphabet des musulmans par excellence, mais la langue parlée était toujours le turc! ) le droit de vote des femmes dès 1934 (10 ans avant la France) ainsi qu'en 1935 la loi sur l'obligation de porter un nom de famille.

L'Assemblée Nationale donnera à Mustafa Kemal le nom de ATATÜRK ( père des Turcs ) en reconnaissance éternelle. Le 10 novembre 1938, il décède à Istanbul dans le palais de Dolmabahçe. Il n'est âgé que de 57 ans.

 

Ataturk-2

 

Reportage vidéo d'Atatürk sur arte

 

 

 
 
Istiklâl Marsi- Hymne national
 
turkbayragi14

Traduction

N'aie crainte, ce drapeau flottant aux premières lueurs de l'aube ne cessera jamais de s'agiter
C'est le dernier foyer qui veille sur ma patrie
C'est l'étoile de ma nation, qui scintillera
Elle est à moi, et à ma nation seulement.

Ô croissant chéri, ne t'emportes pas, je peux donner ma vie pour toi.
Souris enfin à mon peuple héroïque! Calme toi
Ou tu n'auras pas été digne de tout le sang qui a coulé pour toi
Elle la mérite, l'indépendance, ma nation qui a foi en l'Eternel

Depuis toujours, j'ai vécu libre, et je vivrais toujours ainsi
Je serais surpris si un fou voulait m'enchaîner.
Je suis comme un torrent rugissant, je franchis mes obstacles en les anéantissant
Je briserais les montagnes, je sortirais de mon lit, je déborderais.

Même si le monde occidental encercle mes fortifications
Mes frontières sont aussi solides que ma foi et ma fierté
Tu es forte, n'aie crainte! Comment une telle foi pourrait-elle être étouffée
Par ce monstre édenté que tu appelles la "civilisation" ?

Camarade! Ne laisse surtout pas surtout pas les infâmes entrer dans mon pays
Fais barrière de ton corps, qu'on arrête cette invasion honteuse
L'Eternel va te faire revenir aux beaux jours qu'il t'as promis
Qui sait ? Peut-être demain ? Peut-être encore avant ?

Ne considère pas là où tu marches comme de la simple "terre"
Pense au nombre de personnes qui y ont laissé leur vie
Ton père était un martyr, n'abîme pas sa triste mémoire
Même pour tout l'or du monde, ne cède pas ta patrie chérie.

Qui ne donnerait pas sa vie pour cette patrie chérie ?
Si tu presses cette terre, il va en jaillir des martyrs, oui des martyrs !
Que Dieu prenne ma vie, mon amour, tout ce que je suis,
Tant qu'il ne me sépare pas de ma patrie.

Mon esprit est avec toi, c'est cela ta divinité, ton seul but
Que ces mains étrangères ne s'approchent pas de notre temple
Ces prières aux martyrs qui sont à la base de la religion
Doivent pour toujours me pleurer dans mon pays.

Alors s'il y'en a qui peuvent s'abandonner [pour leur nation] j'exalterai
De chacune de mes blessures, divinement, mon sang se vidant
Jaillira de mon lieu de naissance comme un esprit unique
Alors, ma tête s'élevera peut-être jusqu'aux cieux

Agite toi comme les premières aubes, ô lune sacrée
Peu importe, il est béni, mon sang qui a coulé
Vous ne tomberez jamais, toi et mon peuple
Vous la méritez, la souveraineté de ce drapeau qui a vécu la liberté
Vous la méritez, l'indépendance de ma nation qui a foi en l'Eternel

 

selcuk

asenaezgi_istiklal2

 

returk20askeri0op

 

Mehmet Akif Ersoy (1873-1936)

1turquie

 

06:29 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/12/2005

La Turquie et l’Europe



On ne peut étudier le problème de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne sans considérer deux faits historiques essentiels. L’Empire ottoman, dont la Turquie hérite, avant de devenir " l'homme malade de l'Europe", en a été l'une des grandes puissances. Le sultan, installé à Constantinople, se pose en successeur de Byzance et entend être le seul empereur d'Occident, d'où sa lutte contre les Habsbourg. Lui et ses ministres, presque tous des Européens convertis à l'Islam, s'intéressent avant tout aux Balkans et à la Hongrie et négligent les provinces d'Asie et d'Afrique dont ils se sont rendus maîtres pour diverses raisons, en particulier pour empêcher Portugais et Espagnols de mettre la main sur les voies de communication et donc sur le commerce avec l'Inde et l'Extrême Orient. Si l'Egypte et la Syrie, centres vitaux, portent encore les traces de leur domination, celles-ci sont presque nulles en Irak et au Maghreb. Même l'Anatolie, berceau des Ottomans, présente pour eux moins d'intérêt que l'Europe. La révolution de Mustafa Kemal Atatürk, née de la volonté de sauver la Turquie de la désintégration à l'issue de la première Guerre mondiale, s'appuie sur les idéaux européens. Un Etat qui incarnait l'Islam devient une République laïque, calquée sur le modéle européen : proclamation de la République (1923), séparation de la religion et de l'Etat (1924), adoption du code civil suisse (1926). Jamais encore aucun pays n'avait subi une telle transformation. Jamais un pays musulman n'avait envisagé de vivre sous une loi autre que la chariat, bien que, déjà, au XVe siècle Mehmet le Conquérant, au XVIe Soliman le Magnifique que les Turcs nomment le Législateur, aient osé légiférer. L'effort demandé au pays pour changer son mode de vie et sa mentalité fut colossal : il alla jusqu'à l'obliger à réapprendre à lire, l'alphabet latin ayant été adopté (1928). Je le répète, car c'est essentiel : - depuis cinq cents ans, la Turquie se veut européenne ; depuis quatre-vingts ans, elle comprend que, pour le devenir, il ne s'agit pas de l'être géographiquement, mais de vivre et de penser en Européen; Même sa langue a évolué, non seulement en remplaçant des mots arabes et persans par des mots français, puis anglais, mais encore en calquant, autant que faire se peut, sa syntaxe sur la syntaxe européenne, ce qui implique une expression et un raisonnement différents. L'effort des Turcs, bien que n'ayant pas été jusqu'ici couronné de succès, n'avait pas essuyé un revers tangible. Il n'en va plus de même quand l'Europe refuse la Turquie. Ceux qui étaient hostiles à l'européanisation ont beau jeu d'en proclamer la vanité. Ses plus ardents champions sont déçus et mortifiés. Ceux qui n'avaient pas grande conviction se trouvent ébranlés. Si la Turquie adhère à l'Europe, il sera démontré qu'Atatürk a eu raison. Si elle n'y adhère pas, il ne sera pas prouvé qu'il a eu tort. Mais on le dira, en Turquie et dans le monde musulman qui a vu en elle un exemple et un laboratoire où une grande expérience était tentée. Le modèle de la société européenne risque de ne plus séduire, et il faudra en trouver un autre. Jusqu'à ces dernières années, deux pays en proposaient : l'U.R.S.S. et les Etats-Unis. Le premier n'est plus. Il n'est pas certain que la Turquie se donne encore à l'Amérique avec la ferveur qu'elle a manifestée depuis cinquante ans. Une double question se pose : Un pays peut-il vivre sans idéologie et se replier sur lui-même en un temps où se constituent partout de grands ensembles ? L'éclatement de l'U.R.S.S a fait émerger des pays turcophones, l'Azerbaïdjan, l'Uzbekistan, le Turkmenistan, le Kazakistan et le Kirghizistan, ce qui réveille en effet le pan- turquisme, virulent au tournant des années 1900. Mais devant l'union des peuples turcs se dressent maints obstacles : les différences dialectales, l'éloignement, la barrière de la mer Caspienne et de l'Iran ; la présence de nombreux turcophones en Iran, en Chine, en Russie… Il ne reste qu'une autre idéologie, qu'un autre ensemble disponibles, c'est ceux de l'Islam aux valeurs refuge vers lesquelles un retour se ferait dans sa forme la plus extrême. Il se heurterait d'ailleurs en Turquie à la forte opposition des Alevis, (20 % à 40 % de la population), que l'on dit chiites, mais qui ne le sont pas, qui ont une religion spécifique et sont farouchement hostiles à la chariat. L'entrée de la Turquie dans l'Europe s'accompagnerait sans doute, au début, de quelque réaction des "islamistes" qui rêvent à une solution de rechange. Mais ce n'est qu'en entrant dans une famille qu'on s'en sent membre, qu'on s'y intègre. Je crois que les Turcs, préparés à l'Europe par cinq siècles d'histoire et trois quarts de siècle de laïcisme, y trouveraient leur place. C'est un autre problème de savoir si l'Europe peut être une famille d'accueil pour les Turcs et les avantages et les inconvénients qu'elle tirerait de leur adoption.

Jean-Paul Roux, directeur de recherche au CNRS

1turquie

13:59 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Un peuple, issu des steppes, à vocation guerrière



Les Turcs se sont formés au Ier millénaire avant notre ère dans la taïga sibérienne orientale – où ils vivaient de chasse, de pêche et de cueillette – et en sont sortis progressivement pour devenir tous hommes des steppes aux derniers siècles avant l’ère chrétienne. Immense révolution ! Les voilà cavaliers, pasteurs nomades, caravaniers sur les routes internationales, sur celle que l’on nommera improprement « de la soie » à la suite d’un Allemand du XIXe siècle. Ils conservent peut-être de leur passé une agriculture rudimentaire dans les vallées des fleuves et une industrie – les tapis noués dont ils sont, avec les Iraniens, les inventeurs –, sans oublier le travail des métaux : or, fer, bronze, par lesquels s’exprime le célèbre art animalier des steppes dont ils sont producteurs à part entière. Comme ils sont installés sur les herbages de la Mongolie septentrionale, les plus riches du monde, les chevaux constituent leur principale ressource. Sauf accidents, telles épizooties ou famines, les Turcs possèdent au moins trois chevaux par personne et, ayant inventé, ou emprunté aux Iraniens, le redoutable arc réflexe et, en forgerons, fabriqué des sabres, des lances et des épées de qualité, ils ne peuvent pas résister à l’appel des aventures guerrières. Ils deviennent par excellence les « Barbares » (Hou en chinois), du moins si ce terme implique l’agressivité et non l’absence de culture. Ils resteront des guerriers, même s’ils sont commerçants ou forment (par exemple en Anatolie) une solide race terrienne, même s’ils ont le sens de l’organisation, le goût de l’administration – qui permettra à l’Empire Ottoman de constituer de colossales archives – même s’ils aiment la paix, ce qu’ils ne cessent de dire, et veulent construire un empire universel, parce qu’il « ne doit y avoir qu’un seul souverain sur la terre comme il y a un seul Dieu dans le ciel ». Cette idéologie, qui est de celles qui coûtent cher, ne crée pas leur vocation militaire, mais sert à la justifier. Sans la guerre, il n’y aurait pas d’histoire turque – peut-être n’y aurait-il même plus de Turcs – et aussi, il faut bien le dire, sans la force d’attraction qu’ils exercent, sans leur étonnante facilité à « turquiser », même quand ils ne le souhaitent pas. C’est à cela qu’ils doivent de s’être répandus sur l’Ancien Monde, du Pacifique à l’Europe centrale, du cœur des Indes aux confins marocains.

Jean Paul Roux

1turquie

13:58 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/11/2005

 Présence en Orient, et appel de l’Occident




En simplifiant, en ne voyant que les principaux mouvements qui les ont mus, on peut dire qu’ils ont répondu à un constant appel de l’Occident et ce, dès les derniers siècles avant l’ère chrétienne et jusqu’à nos jours où, tout pacifiquement, ils souhaitent adhérer à l’Union européenne. Il ne manquait pas de tentations sur leur route, c’est-à-dire de proies à dévorer, la Chine et les Indes en particulier. Ils céderont à la tentation et se jetteront sur elles. Ils y laisseront des souvenirs de leurs dévastations et, plus souvent, de leurs réalisations grandioses : que l’on songe aux grottes de Long men (fin du Ve siècle), un des joyaux de l’art chinois, œuvre de la dynastie des Wei fondée par les turcophones Tabghatchs, ou encore au Kutb Minar de Delhi, au Tadj Mahal d’Agra et à tant d’autres monuments qui font la gloire des Grands Moghols, Turcs malgré leur nom ! Ils y laisseront beaucoup, mais n’y auront pas leur destin. Pendant le premier millénaire de notre ère, la présence turque semble essentiellement orientale. Toutes leurs organisations politiques, ou presque, naissent en Mongolie du Nord, dans la région des fleuves Orkhon et Sélenga ; elles y installent leur trône, sous la tente d’abord, dans une capitale murée ensuite (VIIIe siècle). Toutes envoient les cavaliers traverser le Gobi pour aller en Chine, parfois en alliés ou en commerçants, plus souvent en conquérants. Ce sont d’abord les Hiong-nou, fondateurs au IIIe siècle avant J.-C. du premier empire des Steppes, puissante fédération nomade, dirigée par des hommes dont on ne sait trop quelle langue ils parlent, le turc ou le mongol, mais dont les masses relèvent en majeure partie au moins de la turcophonie : contre eux, les Chinois édifieront leur Grande Muraille, relativement en vain. Ce sont ensuite ces Tabgatchs que je viens d’évoquer à propos de Long-men, puis les T’ou-kiue, les premiers à se nommer Turcs (Tou-kiue est la transcription chinoise de Türk ou de Türük), et encore les Ouïghours qui, au cours d’une campagne en Chine, découvrent et adoptent le manichéisme en 762. Si les rapports des proto-Turcs et des Turcs avec la Chine nous paraissent le fait capital de leur histoire ancienne, c’est par suite du prestige de l’empire du Milieu, des problèmes que lui posent les invasions barbares, et parce que ses chroniques les mettent en évidence. Celles-ci relatent moins les événements qui se passent à l’ouest et, pour les mieux connaître, il faut avoir recours aux inscriptions t’ou-kiues, aux rares documents iraniens connus et aux sources byzantines. L’expansion turque en Occident n’en a pas pour autant moins d’ampleur, moins d’intérêt, et ses conséquences seront plus considérables. Dès le IIIe siècle avant notre ère, des Turcs hantent les steppes entre le lac Balkach et la mer d’Aral. Au Ier siècle, un parti de Hiong-nou, dont on perd ensuite la trace, vient les y rejoindre. Ces nouveaux venus continuent-ils leur route vers l’Europe pour revenir au jour sous le nom de Huns en 374, date à laquelle ces derniers passent le Don et le Dniepr, et peut-être plus tôt, au IIe siècle, sur la basse Volga, si Ptolémée dit vrai ? La longue solution de continuité rend le fait douteux, la relative similitude des deux noms la rend possible. Quoi qu’il en soit, les Huns s’installent dans la plaine hongroise, entretiennent des rapports avec l’empire romain et, sous la conduite d’Attila, attaquent la Gaule (451) et l’Italie, avant de se dissoudre. Nul ne sait quelle était leur langue, mais, cette fois encore, il semble bien que ce soit le turc. En effet, un siècle plus tard, on rencontre en Europe orientale nombre de turcophones et, parmi eux, un peuple certainement turc, les Bulgares – lesquels entrent en 580 dans les Balkans où ils se slavisent et se christianisent (IXe siècle). Ce sont indiscutablement les T’ou-kiue qui ont donné une impulsion décisive aux peuples turcs et à la turcophonie : le fait que leur nom ait été choisi, probablement par les Arabes, pour désigner tous ceux qui parlaient (ou à peu près) leur langue suffirait à la prouver. Si la Chine reste pour eux un objectif essentiel et la première préoccupation, ils s’installent néanmoins fortement au Turkestan occidental, s’infiltrent en Sogdiane et commencent à en dessiner la future vocation de pays turc ou dirigé par des Turcs. Ils entretiennent des relations avec l’Iran et avec Byzance, pour cette dernière grâce à l’intermédiaire des peuples de l’Europe sud-orientale sur lesquels ils exercent parfois un véritable protectorat, peut-être déjà les Khazars non encore judaïsés qu’on verra au moins intervenir dans l’histoire byzantine en 626-627.

Jean Paul Roux

1turquie

 







03:32 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les Ottomans en campagne

1turquie


03:28 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les Turcs en terre d’islam




Les Turcs sont donc en pleine expansion vers l’ouest, menacent dangereusement l’Empire sassanide d’Iran quand les Arabes, tout juste convertis à l’islam, sortent de leur désert. L’Iran s’effondre d’un coup (637-642), et Turcs et Arabes se rencontrent au seuil de l’Asie centrale, aucun des deux n’étant capable de faire reculer l’autre. Peu nombreux, maîtres de territoires démesurés, prodigieusement riches, les Arabes n’ont plus ni les moyens ni le goût de faire la guerre, mais il leur faut des soldats ; les Turcs, qui ne savent plus à quoi employer les leurs, les mettent à leur service. Ils entrent en masse, dès le VIIIe siècle, dans les armées des califes abbassides comme mercenaires, mamelouks, au sens strict « esclaves ». Ils deviennent bientôt les maîtres. Tout puissants, ils sont généraux, ministres, gouverneurs de province, et non des moindres. De 868 à 969, les Tulunides et les Ikhshidides dirigent l’Égypte et lui redonnent l’éclat qu’elle avait perdu. Ils se convertissent à la religion musulmane, certains superficiellement, d’autres avec conviction, comme al-Farabi (879-950), l’un des premiers et des plus éminents philosophes de l’islam. Ils prennent l’arabe comme langue religieuse, l’iranien comme idiome de culture, mais ils restent fidèles à leurs traditions, à la grande famille turque. Ils influent ainsi sur la civilisation musulmane, et ils monteront mal leur garde aux frontières qui séparent le monde turc de l’Empire musulman : quand, en Asie centrale, ayant reconstitué ses forces amoindries longtemps par l’émigration et étant capable de créer des formations politiques, celui-ci voudra reprendre sa marche vers l’ouest, les mercenaires ne feront rien pour s’y opposer. Au Xe siècle, trois empires turcs se forment ainsi à peu près en même temps : celui des Karakhanides, hors des territoires islamiques, à Kachgar et à Balasaghun (au nord du Tchou) vers 960 si l’on en croit la tradition ; celui des Ghaznévides, fondé par un Mamelouk révolté à Ghazni, en Afghanistan, en 963 ; celui des Seldjoukides, installés d’abord sur le Syr-Darya en 950, et qui ne s’affirmera vraiment qu’au début du XIe siècle. Bien que ces trois formations voisines entrent en conflit les unes contre les autres, s’entre-déchirent, elles jouent un rôle international considérable. La première fait pénétrer l’islam en Sérinde (Xinjiang actuel) et dans les steppes qui s’étendent à son septentrion, et prépare leur destin musulman. La deuxième, non contente de briller d’un éclat exceptionnel, de voir en son sein un des plus grands poètes de l’islam, Firdusi, et son plus grand savant, Biruni, entreprend la conquête des Indes en 1001, y introduisant la religion musulmane et jetant les bases d’une domination turque (et afghane) sur tout le nord du semi-continent, qu’illustrent les cinq dynasties successives de l’empire de Delhi (1206-1526). Les Seldjoukides, quant à eux, reprennent la marche vers l’ouest ; ils forcent les frontières de l’Iran, occupent Rey (proche de Téhéran), Hamadan (ancienne Ecbatane) en 1040-1044, Ispahan en 1059. Comme ils n’ont aucune doctrine bien arrêtée, ils adoptent le sunnisme, car ils comprennent très intelligemment que le chiisme, trop puissant alors, déplaît aux populations, et se déclarent « clients » c’est-à-dire « protecteurs » du calife – lequel les en remercie aussitôt en les appelant à Bagdad (1055), en leur donnant le monde avec le titre de « roi d’Orient et d’Occident ». Ils n’avaient pas attendu ce jour pour lancer des raids en Anatolie – prise d’Erzurum en 1048. Ils ne tarderont pas à occuper la Syrie ; ils prendront Damas en 1076, Jérusalem en 1077, Antioche en 1086. L’empereur byzantin romain Diogène se décide, bien tard, à réagir et se fait écraser en 1071 à Mentzi Kert. Son successeur ne trouve alors rien de mieux que de revenir au vieil usage romain – qui fut aussi chinois – d’installer sur ses terres comme « clients » (fédérés) les « barbares » qui le menacent. En 1081 un prince seldjoukide, indépendant des Seldjoukides d’Iran, dits Grands Seldjoukides, est à Nicée (Iznik) à la tête du royaume d’Anatolie, dit de Rum (c’est-à-dire du pays des « Romains ») ou de Konya (du nom de sa capitale). Quant à l’Europe, effrayée de ce retour en force de l’islam au moment où elle le fait reculer en Sicile, en Provence, en Espagne, elle lance la contre-attaque des croisades (1096), qui s’avère un échec, si l’on considère que les principautés latines sont finalement expulsées du Proche-Orient (1291), mais un succès dans la mesure où l’avance turque est arrêtée pendant trois siècles et ne reprendra qu’à une époque où l’on sera en mesure de lui mieux résister. La création de l’Empire mongol au XIIIe siècle est l’occasion pour les Turcs, qui se rallient à lui et constituent la majeure partie de ses troupes, de commencer une nouvelle carrière. Certes les États constitués sont anéantis. Les oasis ouïghours de Serinde ont immédiatement opté pour Gengis Khan et, dans les steppes il ne reste aucune formation turcophone indépendante. Les Grands Seldjoukides ont disparu en 1154 sous les coups des chahs du Khwarezm, Turcs qui ont édifié en quelques années, en partant du delta de l’Oxus (le Khwarezm proprement dit), un empire redoutable, mais qui s’avèrent impuissants devant les hordes mongoles. Les Seldjoukides de Rum sont vassalisés en 1243 et s’éteignent en 1303 pour laisser la place à une kyrielle de principautés anatoliennes, grandes ou minuscules. Mais d’autres prennent naissance : les Mamelouks en Égypte (1250), les seuls à avoir vaincu une fois les Mongols, les sauveurs d’un islam qui semblait perdu ; la Horde d’or ou khanat de Kiptchak, une des quatre provinces de l’Empire mongol, en fait pays turc depuis plus d’un millénaire. Les Mamelouks, d’abord dirigés par des Turcs, puis, après 1382, par des Tcherkesses s’appuyant largement sur des Turcs, réuniront la Syrie et la vallée du Nil, feront à nouveau de celle-ci une grande puissance politique et culturelle dont témoignent les nombreux monuments qu’ils y laisseront, un pays dont la richesse rejaillira sur Le Caire, alors peuplé de cinq ou six cent mille âmes, et qui éblouit les contemporains. La Horde d’or assujettit la Russie dans son intégralité pendant deux cent cinquante ans, de 1240 à 1502, puis laisse la place à de moins puissants et plus éphémères khanats, nés pendant les années de sa décadence, celui de Kazan (1446-1518), celui d’Astrakhan (1446-1555), celui de Crimée – vers 1430-1771, assez tôt vassalisé par les Ottomans.

Jean Paul Roux

1turquie

03:24 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |