30/10/2005

Fatih Sultan Mehmet Han II dit le conquérant






En s’emparant d’Istanbul, il mit fin à l’Empire Byzantin et fit de l’Etat Ottoman un empire puissant. Il naquit le 1er avril 1430 à Edirne et décéda le 3 mai 1481 à Gebze. Son père était Murad II et sa mère était Hatice Alime (ou Halime) Sultane, fille d’Isfendiyar Bey. Dans la plupart des sources occidentales, il est indiqué que sa mère était Milizza, fille du despote Serbe Vaccovichio et qu’il naquit en 1429. Il y a d’autres sources indiquant que sa mère était Huma Hatun et que sa date de naissance était 1432. Sur l’ordre de son père, passionné de science, sa formation commença à partir de son enfance. Malgré son génie, il fut obligé de travailler avec Molla Gurani, connu pour son caractère dur, à cause de sa paresse et de sa désobéissance. Par la suite, les célèbres sages de l’époque comme Aksemseddin, Molla Yegan, Molla Ayas, Celebizade et Temcidoglu s’occupèrent de près de sa formation. Lorsqu’il eut 6 ans, il fut décidé de l’envoyer avec ses enseignants à Manisa pour qu’il s’éloigne de l’atmosphère impériale de la capitale Edirne lors de sa formation. A Manisa, il passa par une formation disciplinée et ce, parfois sous l’ombre du bâton de Molla Gurani. Il apprit le grec et le latin en plus des sciences traditionnelles, islamique et orientale. Il resta à Manisa jusqu’en 1444. Face à la conquête de Sofia par les Hongrois, à la retraite de l’armée ottomane à Izladi Derneti, à la révolte des Albanais et à la marche vers Ankara des Karamanogullari et à la mort de son fils aîné Alaeddin en dernier lieu, Murad II prit une décision inattendue et se retira en 1444 à Manisa laissant son trône et la résolution de tous ces problèmes à son fils Mehmed.



 Ce changement fut annoncé officiellement par l’envoi de lettres aux pays orientaux et occidentaux avec lesquels l’Etat Ottoman était en relation. Le fait qu’un enfant de 14 ans sans expérience montât sur le trône constituait une occasion en or pour les Hongrois, les Serbes et Byzance. Bien que l’accord d’Edirne Segedin, signé le 12 juin 1444 pour une durée de 10 ans fût en vigueur, les Hongrois et les Serbes optèrent pour faire vite. Face à ce danger, Murad II revint à Edirne en tant que commandant provisoire et à condition que son fils Mehmed restât sur le trône. Au mois de décembre de l’année courante, il se retira encore une fois à Manisa après avoir gagné la guerre de Varna. Il fut envoyé des fetihname (lettre anonçant la prise d’une ville) aux pays musulmans au nom de Mehmed II, qui ne participa pas à la guerre de Varna et qui resta à Edirne. Mais après cette victoire, la question du pouvoir resta un problème épineux entre le père et le fils, Murad II et Mehmet II.(Par exemple il existe différents documents montrant Murad II et Mehmet II comme étant empereurs en même temps). L’été de l’année 1446, Murad II, venu du côté de Rumali avec son armée privée, monta pour la deuxième fois sur le trône avec le soutien de Candarli Halil Pasha. Dans cette affaire, le rôle joué par les janissaires lors de leur révolte (affaire de Buçuktepe) ne fut pas négligeable.



 Quant à Mehmet II, il fut obligé de quitter Edirne sous la protestation des soldats, pour regagner Manisa avec ses conseillers et ses enseignants. Lors de la deuxième période de son règne qui dura 5 ans, il décida d’apprendre quelque chose, cette fois-ci de sa propre volonté et non par la pression. Il s’occupa de métaphysique et de sciences positives et ce, afin de pouvoir résoudre le mystère de l’existence. En 1448 et en 1459, il participa aux expéditions vers l’Albanie à la demande de son père. Quinze jours après la mort de son père, le 18 février 1451, il vint à Edirne pour monter sur le trône. Les Hongrois et les Serbes croyant que Mehmet II était maladroit, étant donné les événements de la première période de son règne, eurent un nouvel espoir. En Occident, lors qu’on discuta le dernier coup aux Ottomans, les commandants byzantins procédèrent à l’occupation jusqu’à Corlu. Orhan, qui vivait à Istanbul en tant que prince impérial et réfugié politique, fut presenté au bon moment comme le vrai héritier du trône. Mais Byzance était loin de se mesurer aux Ottomans. Les bouleversements politiques et religieux menaçaient Byzance, qui était bloquée à Istanbul. La proposition d’alliance ne fut pas prise en considération en Europe, mais un cardinal fut envoyé à Istanbul pour trouver une solution au différend existant entre les églises de l’est et de l’ouest. Les Karamanogullari, qui ne perdaient pas espoir sur l’Anatolie, occupèrent les région de Seydisehir et d’Aksehir. Quant à l’ouest, les Serbes prirent par la force certaines forteresses sous prétexte de couvrir les dépenses de la jeune femme de Murad II, Mara Sultane qui était revenue dans sa partie. Mehmet II observa tous ces développement en gardant son sang-froid.



 Dans le courant de 1451, des accords à court terme furent signés avec les Hongrois et les Vénitiens. Cette attitude donna courage aux pays souverains en Méditerranée. Une flotte jointe catholique assiégea le détroit de Canakkale. En ce temps-là, Mehmed II était en train de se préparer pour une éxpédition vers l’Anatolie. Par la suite, il élargit ses cadres parmi les recrutés chrétiens pour briser la force des janissaires qu’il n’appréciait pas à cause de l’affaire de Buçuktepe. Il se rendit en Anatolie en 1452, après avoir ordonné à Candarli Halil Pasha la construction de la forteresse de Rumeli, du côté occidental du Bosphore. Memhed II vainquit Karamanoglu Ibrahim Bey à un moment inattendu, rentra à Edirne, et se rendit par la suite à l’endroit où il y avait les travaux de construction et en ordonna la fin le plus tôt possible, ce qui fut jugé incroyable par Byzance. Au même moment, il révéla son intention de conquérir Istanbul en même temps qu’il ordonna l’organisation d’incursions aux despotes byzantins dans la péninsule de Péloponèse (Mora) à Turhan Bey. Il suggéra ne pas vouloir être célèbre mais vouloir tout simplement unir son pays qui semblait être divisé en deux. En conquérant Istanbul, il voulait assurer l’intégration entre Rumeli, où il y avait des incurseurs et des derviches, et l’Anatolie où étaient souverains les savants et les sages, dont le centre se trouvait à Bursa. Mehmed II montra sa détermination à agir sans perdre de temps face à Byzance, en détruisant les champs situés en dehors des remparts d’Istanbul.



Par contre Byzance, optant pour garder le silence, maçonna toutes les portes s’ouvrant en direction d’Edirne. Mehmet II, s’approchant des remparts en aôut 1452, manifesta sa puissance. A son retour à Edirne, il convoqua le conseil de guerre et prit la décision de conquérir Istanbul le plus tôt possible malgé l’opposition de Halil Pasha et de son entourrage. Chargeant ses petites unités de prendre les petites fortification byzantines, peu importantes, les responsables envoyés par Mehmed II en Anatolie, en expliquant et interprétant les exhortations du Prophète louant le commandant qui allait conquérir Istanbul, s’assurèrent la participation de volontaires. La flotte qui appareilla de Gallipoli procéda à des manoeuvres en mer de Marmara. Mehmet II passé l’hiver de 1452/1453 en faisant des plans et des travaux techniques. Il prépara des projets de canon sans précédent avec les maîtres Muslihiddin et Urban. Il les envoya, au moment où, à Byzance, des personnes nobles et compétentes comme le premier ministre Notares optaient pour “voir les turbans ottomans à la place des chapeaux latins”. Aux efforts déployés par l’empereur Konstantinos Dragases XI, participèrent symboliquement les Génois, les Vénitiens, les Catalans, les Provençaux, en envoyant quelques navires et unités. Les latins d’origine, qui s’étaient installés à Istanbul et qui y faisaient du commerce, étaient obligés de défendre la ville.



 Mehmed II, après avoir terminé ses plans préparés minutieusement, quitta Edirne le 23 mars 1453. L’armée ottomane, dont l’expérience guerrière était vieille de 150 ans, était, pour la première fois de l’histoire, sur le point de faire une expédition planifiée à l’avance avec une cible déterminée aussi à l’avance. Mehmed II, qui avait établi son camp le 5 mai en face de remparts du côté de Topkapi, commença le siège le lendemain en ordonnant le premier tir. Les résultats du siège de 53 jours, dont les échos dans l’histoire occupent une place importante, ne changèrent rien, malgré la défense de 30 000 soldats et des équipement utilisés de façon impressionnante. Vers la fin du siège, Constantinos XI, qui avait fait pénétrer toutes ses réserves sur les petits champs de bataille par les brèches ouvertes dans les remparts, opta pour la mort en combattant aux côtés de ses soldats, après avoir participé à la messe organisée dans la nuit du 28 mai à Sainte-Sophie.



 Le mardi 29 mai, les soldats turcs, entrant par les brèches ouvertes dans les remparts, rejoignirent les autres forces venant du côté de la mer à Aksaray et la capitale de Byzance fut soumise à Mehmed II, auquel on donna le titre de “conquérant. Dans le premier firman qu’il publia, il grâcia tous les survivants et leur rendit la liberté de foi et de commerce. Il prit des mesures sévères pour la protection des patrimoines culturels de la ville. Il voulut créer une atmosphère de confiance d’une métropole dans la ville, et pour y parvenir, il établit de bonnes relations amicales avec les leaders spirituels des Chrétiens et des Juifs. Il ordonna à Zaganos Pasha de s’emparer de Galata qui était une colonie génoise. Ce faisant, il mit fin à la division, qui avait duré des siècles, des deux côtés de la Corne d’Or et demanda l’établissement d’un nouveau quartier de commerce.



 Avec la conquête d’Istanbul, Mehmed II assimila ceux qui n’avaient pas confiance en lui. En Occident, il n’existait ni force ni alliance pouvant constituer une menace. En prenant ceci en compte, il signa des accords commerciaux avec les Génois et les Vénitiens en 1454. Son objectif était de garantir ses plans pour la conquête des rives du Danube, et de mettre définitivement fin au différend avec la Serbie qui durait depuis un siècle. En 1454 et 1455, il organisa deux différentes expéditions et prit le sud de la Serbie. Le despote serbe se soumit aux Ottomans à condition de payer des impôts et d’annuler sa dépendance aux Hongrois. En 1456, il prit des îles importantes en mer égéenne comme Tasoz, Imroz, Semendre et Limni arguant la sécurité des rives. Il participa lui-même à l’expédition vers Belgrade. Mais le fait que la flotte envoyée à Danube ne s’était pas conclu par un succès et la défaite des unités forcèrent Mehmed II à se retirer. En 1457, il s’occupa des despotes byzantins. Dénonçant l’accord qu’il avait signé avec les Vénitiens, il organisa une expédition vers la péninsule de Péloponèse et prit Patras et Korintose et les annexant à Teselya, il donna la région à Akinci Turhan Bey. L’expédition de Péloponèse dura jusqu’à la fin de 1458. Au même moment le pape Callistus III avait eu l’objectif de provoquer certains beys musulmans et Akkoyunlu Uzun Hasan Bey contre les Ottomans et lorsqu’il décéda, son remplaçant Pius II commença à regrouper les pays chrétiens autour d’un nouvel objectif. Mehmed II, qui ne prit pas en considération ses développements, envoya son vizir d’origine serbe Mahmut Pasha en 1458 en Serbie. Lorsqu’il apprit que Resava, Kuruca et Osirovis avaient été conquis, il se rendit dans la région pour mettre fin au royaume serbe en 1459. En 1460, il organisa une deuxième expédition vers la péninsule de Péloponèse. Le despote Demetrios se livra. Quant à son frère Thomas, il vendit le symbole de l’Empire Byzantin au prince russe Ivan III et s’enfuit vers l’Italie. Mehmed II, qui nomma Zaganos Pasha gouverneur du Péloponèse, se rendit à Edirne et par la suite à Bursa et ordonna au Bey de Crimée de s’emparer de Kefe pour contrôler la Mer Noire ainsi que le Bosphore et pour enfin mettre fin au commerce des esclaves par les Génois. Il jugea insuffisant le fait que les Génois et l’Etat de Pontos à Trabzon payaient uniquement des impôts et il organisa une expédition inattendue en 1460 et prit Amasra qui était une importante base génoise sur la Mer Noire. Par la suite il prit Sinop en 1461 des Isfendiyarogullari et de Trabzon qui était aux mains de Pontos. Grâce à la prise de ces villes, les rives anatoliennes de la Mer Noire furent annexées à l’Empire Ottoman. Les autochtones furent forcés d’immigrer vers Istanbul et la ville, vidée, fut repeuplée par les paysans turcs. En 1462, Mehmed II organisa une expédition vers la Valachie. Vlad III, voïvode de Valachie, connu par le fait qu’il s’était emparé des Turcs qu’il avait capturés, voulut tuer Mehmed II un soir en organisant un assaut mais n’ayant pas pu parvenir à ses fins, il dut se retirer à Erdel. Radul promit d’être fidèle à l’Empire Ottoman, après avoir été nommé gouverneur de Valachie. Mehmet le Conquérant avança sur la Bosnie. Il passa l’hiver dans cette région et acheva la conquête de Bosnie au printemps de l’année 1463, par la suite il exécuta le roi Stefan. Il put étouffer provisoirement la révolte qui continuait depuis des années en Albanie.



 La prise de Lesbos (Midilli) la même année provoqua une guerre avec les Vénitiens, qui allait durer des années. La même année, en 1463, Mahmud Pasha put réprimer la révolte à Péloponèse. Il renvoya la plupart des Grecs à Istanbul. Quant à Mehmed II, il reprit la plupart des terres perdues le long de la frontière hongroise. Il acheva son expédition vers la Hérzegovine en 1465 et annexa cette région à ses territoires. Il organisa sa deuxième expédition vers l’Albanie en 1466, et retourna à Edirne après avoir pris les villes importantes. Les Génois, qui avaient perdu leur colonie dans la Mer Noire, se mirent accord avec Haci Giray, en prétextant que les Ottomans pourraient attaquer la Crimée, la Lituanie et la Pologne et prirent part à cette alliance. Mais Mengli Giray 1er , qui était le Han de Crimée en 1466, opta pour se rapprocher des Ottomans. Un autre front fut formé par les tentatives entreprises par Karamanoglu Ibrahim Bey, qui accusa Mehmed II de protéger les Chrétiens. Il essaya d’obtenir le soutien du sultan des Mamelouks et celui du calife des Abbassides en Egypte, mais il mourut sans parvenir à ses fins. Dans la lutte entre ses fils Ishak et Pir Ahmed pour le pouvoir, Mehmed II prit partie pour Pir Ahmed et Ishak dut se rapprocher d’Uzun Hasan, souverain des Akkoyunlu, ce qui provoqua une lutte entre les deux souverains turcs. Mehmed II, après avoir terminé sa troisième expéditon contre l’Albanie, partit en Anatolie contre le front établi par Les Karamanogullari, les Akkoyunlu et les Mamelouk et prit Konya. Par la suite il aida les Dulkadirogullari qui étaient en guerre contre les Mamelouk.



Par ailleurs, en 1461, le fait qu’Uzun Hasan Bey, ayant envoyé des soldats dans l’état de Pontos lorsqu’il se rendit à Trabzon et mis ses forces face à celles des Ottomans à Yassi Cimen, ait dissous l’Etat Karakoyunlu et établi des relations étroites avec les Mamelouk, nécessitait indispensablement le réglement de comptes à son égard. Les efforts diplomatiques entre les palais ottoman, Akkoyunlu et Mamelouk ne portèrent pas leurs fruits, et, au contraire, rendirent les relations plus tendues. Mehmed II, qui ne jugea pas convenable de descendre vers le sud, rentra à Istanbul, en laissant le commandement et l’administration de la province de Karaman, dont le centre était Konya, à son fils Mustafa, en 1468. Pir Ahmed Bey, profitant de cette occasion assiégea Konya en 1469 et élargit son occupation en direction d’Eregli et d’Aksaray.



Quant à Karamanoglu, Kasim Bey força les portes d’Ankara avec ses unités en 1470. Une unité ottomane fut vaincue par les volontaires de Karaman aux environs de Silifke. Gedik Pasha, s’étant rendu sur le champ de bataille, asséna le dernier et coup le plus lourd aux Karamanogullari en 1471. Uzun Hasan Bey, qui tenta de sauver cet ancien beylicat anatolien, fit piller Tokat et les régiments qu’il envoya dans les environs de Konya, infligèrent une défaite aux forces du prince impérial Mustafa. Les guerres navales et terrestres avec les Vénitiens, qui duraient depuis un certain temps, donnèrent certains résultats positifs en faveur des Ottomans en 1470. La même année, l’île d’Egribos fut prise, mais, par contre, les flottes Vénitiennes assiégèrent Antalya et Izmir et pillèrent les villes riveraines. Ils menacèrent même Istanbul et les détroits. En cette période difficile, Uzun Hasan menait une politique d’élargissement. Mehmed II, qui avait constaté qu’il était impossible de reporter la guerre avec les Akkoyunlular, essaya d’empêcher les relations entre les Akkoyunlu et les Vénitiens en envoyant ses unités à Sivas; au printemps de l’année 1473, il organisa une grande expédition. Uzun Hazan, qui avait préparé des pièges sur les passages d’accès difficile, infligea de lourdes pertes aux unités ottomanes et fit circuler la rumeur comme quoi Mehmed II était mort vaincu.



 Mais la guerre de Otlukbeli, faite le 11 aôut 1473, fut une nouvelle victoire pour Mehmed II, qui avança et prit Sebinkarahisar. Acceptant la proposition de paix d’Uzun Hasan, il repartit pour Istanbul. Avec l’apaisement de la tension en Orient, il s’occupa des problèmes de Karamanogullari, de Crimée et de la Mer Noire et des guerres avec les Vénitiens. Il chargea pour la deuxième fois Gedik Ahmet Pasha de résoudre le problème avec Karaman. Les forces navales et terrestres ottomanes, envoyées sur les rives méditerranéennes, réussirent à éloigner les Vénitiens des rives. Gedik Ahmet Pasha s’empara des forteresses d’Ermenak, de Mennan et de Silifkez. Pir Ahmed Bey, qui s’était enfui, mourut dans les montagnes. Gedik Ahmet Pasha, devenu célèbre grâce à ses victoires, partit en 1475 sur la Crimée. Il prit Kefe, les forteresses d’Azak et de Menkup et les rives de Crimée. Il sauva Mengli Giray 1er, qui était prisonnier des Génois. Après un certain temps, il attaqua la Russie sans avoir eu l’autorisation des Ottomans, et il fut rappelé et emprisonné à Istanbul.



En 1477, la Crimée fut annexée, quant à l’expédition de Sogdak, elle dura jusqu’en 1479. Les rives circasiennes et de Taman furent envahies. Mehmed II, qui avait pu trouver l’occasion de s’occuper de près des problèmes occidentaux, avança encore une fois en 1474 sur les Génois qui contrôlaient certaines villes albanaises importantes. Les forces ottomanes attaquèrent du côté nord de l’Albanie et du côté de la péninsule de Péloponèse en même temps et elles se rapprochèrent des Vénitiens. Mehmed II, qui avait organisé une expédition en 1478, s’empara des forteresses d’Iskodra et de Kruya (Akhisar) et les Vénitiens, convaincus de ne pas pouvoir tirer profit de cette guerre qui dura 16 ans, demandèrent la paix. L’accord entre les Ottomans et les Vénitiens fut signé le 25 janvier 1479. Les Vénitiens se retirèrent des endroits qu’ils contrôlaient, plus particulièrement d’Iskodra et les Ottomans laissèrent les ports qu’ils avaient pris au Péloponèse. Cet accord permettait aux navires vénitiens de faire du commerce sur les eaux territoriales de l’Empire Ottoman comme dans les ports appartenant aux ottomans contre un tribut de l’ordre de 10000 ors par an. Le fait de rendre les Vénitiens hors danger considérés comme étant les principaux rivaux en Méditerranée offrit une autre et nouvelle occasion à Mehmed II pour la réalisation de ses projets.



 En 1479, il déclara la guerre à Milan et à Naples et envoya Gedik Ahmed Pasha avec une grande flotte en Méditerranée. Il prit facilement les îles d’Aya Mavra, de Kefalonya et de Zanta. En 1480, Nesih Pasha, qui avait assiégé l’île de Rhodes avec une importante flotte, dut se retirer avec une lourde perte, mais en à ce moment-là, Gedik Ahmed Pasha débarqua dans le port de Puglia (Pulya) et il prit Otronto, situé au sud de l’Italie, le 11 aôut 1480. Cet évenement eut un grand écho en Europe. Lorsqu’on parlait de la chute de Rome, les dirigeants religieux du Vatican se mettaient à préparer les prétextes d’une grande croisade. Mais Gedik Ahmed Pasha, qui ne choisit pas d’avancer, attendit les forces supplémentaires envoyées de Rumeli. Mehmed II, qui avait terminé les préparations pour sa deuxième expédition vers l’Orient au printemps de l’année 1481, se rendit à Gebze en passant par Istanbul et s’occupa de la préparation de l’armée. Avant de pouvoir entamer cette expédition, qui semblait être organisée vers l’Egypte, il tomba malade dans son camp établi à Hunkar (Sultan) Cayiri à Gebze. Il mourut, soit des suites de la maladie de la goutte dont il souffrait depuis longtemps, soit d’avoir été empoisonné. Il existe différentes hypothèses sur sa mort, selon lesquelles il aurait été tué par les hommes de son fils aîné, Bayezid, parce qu’il voulait laisser son trône à son fils cadet Cem, ou par les agents des Etats Catholiques qui voulaient interrompre son expédition vers l’Italie. Son cadavre, après avoir été embaumé, fut transporté à Istanbul par Karamani Mehmed Pasha et fut protégé dans le palais de Topkapi durant 20 jours. Il fut mis le 21 mai 1481 dans le tombeau se trouvant dans le complexe de Fatih, le lendemain de l’arrivée au pouvoir de Bayezid II.



 Mehmed II, connu sous le nom de “conquérant”, demanda la critique des oeuvres de Gazzali et de Ibn Rusd et la préparation de recueils originaux y afférent. La littérature ottomane, qui ne put pas donner de fruits considérables jusqu’à son époque, connut une période brillante grâce à son encouragement et à sa contribution au 15ème siècle. Le fait qu’il ait nommé vizir Sinan Pasha, qui était un maître de la prose et Ahmed Pasha qui était un poète, ainsi que ses relations personnelles amicales avec eux, montrent l’importance qu’il accorda aux artistes. Mehmed II écrivit des poèmes utilisant le surnom d’ “Avni” et devint le premier sultan qui organisait des divans. Il invita Bellini, peintre italien, à Istanbul en 1479 et décora son palais de ses portraits et d’autres tableaux. Il établit également des relations avec les artistes orientaux, il correspondit avec Ali Sir Nevai et invita le mathématicien Ali Kusçi à Istanbul. S’occupant de la technologie de guerre, il réalisa des travaux dans les domaines de dessins de projets architecturaux ou de canons cannelés. Il consulta plusieurs oeuvres en arabe, en latin ou en grec se trouvant dans sa bibliothèque personnelle à Istanbul. Le partiarche orthodoxe Gennadios écrivit un recueil sur le christainisme pour le lui offrir. Il demanda à son dernier vizir, Karamani Mehmed Pasha, de préparer les “codes”, lui donnant des instructions sur l’administration et le jugement. Il accorda une importance à l’intégrité et à la balance démographique de son pays et essaya de faire des Turcs les éléments souverains dans tous les domains.



 Par ailleurs, il prévoya l’installation, sur les territoires en dehors des remparts d’Istanbul, de peuplades venant de toutes les nations et de toutes religions, il travailla également à la restauration de la ville d’Istanbul détruite, en lui donnant un nouvel aspect. Le nombre des monuments construits pendant son époque et figurant parmi les plus grandes oeuvres de l’art architectural ottoman s’élève à 750. Il fit construire, en 1470, le complexe de Fatih en son nom. Dans les institutions consacrées à la formation, il accorda une importance aux sciences classiques islamiques et aux sciences positives. Les riches fondations pour les écoles religieuses, les asiles, les maisons de santé et les bibliothèques ne furent pas négligées. Il transforma la Mer Noire en mer intérieure, il annexa la Crimée, il brisa la force de l’Etat Akkoyunlu, il prépara la conquête de la Hongrie en organisant des expédition sans cesse, il s’empara de toutes les îles dans la Mer Egée à l’exception de Rhodes, il détruisit les principautés de Valachie et de Bogdan, les royaumes serbe et bosniaque, les despotes du Péloponèse, l’Etat de Pontos à Trabzon, les bases génoise et vénitienne, les beylicats de Karaman et d’Isfendiyar et transforma l’Etat Ottoman en un empire puissant pesant dans la politique mondiale.

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Carte de l'empire Ottoman


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Arbre généalogique Ottomane

 

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Arbre généalogique Ottomane

 

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Arbre généalogique Ottomane

 

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Arbre généalogique Ottomane

 

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20/10/2005

Des Ottomans aux Grands Moghols

Seule une des plus petites principautés anatoliennes héritières des Seldjoukides, celle des Osmanlis ou Ottomans, a un grand avenir. Fondée officiellement en 1299, mais en fait plus ancienne, elle a la sagesse de ne pas intervenir dans les querelles qui agitent ses voisines avant d’en avoir les moyens et de se poser en championne de la guerre sainte. Maîtresse de Brousse (Bursa) en 1326, dont elle fera une des plus belles cités du Levant, de Nicée (Iznik) en 1331, elle s’appuie sur les congrégations religieuses, pas toujours orthodoxes, et sur une armée de métier, les janissaires. Dès 1361 ou 1362, comprenant que Constantinople est un obstacle infranchissable, Murad Ier décide de la contourner par les Dardanelles et, installé en Thrace, il fait d’Andrinople (Édirne) sa seconde capitale, européenne. La première bataille de Kossovo en 1389 assure à son successeur, Bayazid Ier, la domination dans les Balkans. Les Ottomans paraissaient invincibles, ils trouvent plus invincible qu’eux. L’Empire mongol n’était plus qu’un souvenir ; or il se trouve en Transoxiane un Turc qui veut le restaurer ou seulement profiter de sa disparition : Timur le Boiteux, Tamerlan. Proclamé Grand Émir à Bactres (Balkh) en 1370, il entreprend une extraordinaire série de campagnes qui le conduisent à Delhi, à Ispahan, à Damas, à Ielets (sur la route de Moscou) et au fin fond de l’Asie centrale. Pourra-t-il supporter que Bayazid, par ses succès, fasse de l’ombre à sa gloire ? L’Ottoman vient juste de mettre la main sur l’Asie Mineure et liquide ses principautés. Il le défie, ou ils se défient. L’Asiatique se porte contre celui en qui on voit un Européen et, en 1402, il l’écrase aux pieds de la citadelle d’Ankara. Tamerlan sait détruire. Il est incapable de construire, politiquement s’entend, car il est en architecture un exceptionnel mécène : il donne à sa capitale, Samarkand, la beauté qui lui vaut encore sa renommée. Mais il ne fait pas d’empire : quand il meurt, ses fils et petits-fils, bien que non dénués de dons militaires, préfèrent les arts, les sciences… et les plaisirs. Ils sont à Samarkand, à Meshhed, à Hérat surtout, les artisans de la renaissance timouride, créatrice de quelques-uns des plus beaux chefs-d’œuvre de l’islam. Dans l’Empire Ottoman, l’Anatolie est donnée à Timur et à des dynasties de Türkmènes, de Turcs nomades, dont les deux principales se différencient par la couleur de leurs moutons : les « gens aux moutons blancs » (Ak-Koyunlu) et les « gens aux moutons noirs », Karakoyunlu, et brilleront d’un réel éclat dans l’Est anatolien et l’ouest de l’Iran au XVe siècle. L’Europe est demeurée fidèle. Après une courte période d’anarchie, l’État est reconstitué, et les conquêtes peuvent reprendre. Cinquante ans après la défaite d’Ankara, Constantinople tombe, en 1453. Vingt-deux ans plus tard, le khanat des Tatars de Crimée passe sous protectorat ottoman, faisant de la mer Noire un lac turc. Les règnes de Selim Ier (1512-1520) et de Soliman le Magnifique (1520-1566) sont ceux des grandes conquêtes : la Syrie et l’Égypte (1516-1517), puis l’Irak en Orient ; Rhodes, Belgrade, Bude (Budapest) et la Hongrie, en Europe ; la Cyrénaïque, la Tripolitaine, la Tunisie, l’Algérie en Afrique du Nord ; Aden et le Yémen en mer Rouge. L ‘Empire ottoman est devenu, avec l’Espagne, la première puissance du monde – laquelle, bien qu’étendue sur trois continents, se veut, et est, européenne. Son premier centre d’intérêt est l’empire ; son principal objectif, sa capitale : Vienne. Elle s’allie à François Ier et, avec la France, attaque Nice. Elle prend la plupart de ses ministres chez les chrétiens des Balkans qui apostasient certes, mais continuent à penser à l’européenne. Elle attire les commerçants francs en leur accordant des « capitulations ». Elle n’a nulle volonté de turquiser et d’islamiser, mais au contraire elle entend faire coopérer à l’œuvre commune ce qu’elle nomme des « nationalités », à savoir des communautés religieuses juives, arméniennes, grecques… et le système fonctionnera jusqu’aux jours où les revers commenceront – le traité de Karlowitz en 1699 consacre le premier recul ottoman –, où le nationalisme, inventé en Occident, sera importé et où les « nationalités » voudront devenir des « nations » indépendantes, où les puissances, considérant la Turquie comme « l’homme malade de l'europe », entendront la démembrer et se partager ses dépouilles. Ce seront deux siècles d’une constante décadence, dans la douleur, voire dans l’horreur, qui s’achèveront au lendemain de la première guerre mondiale, pendant laquelle l’Empire ottoman s’est engagé aux côtés de l’Allemagne. Pendant que l’Empire ottoman, croissant ou décroissant, occupe le devant de la scène, d’autres Turcs se manifestent plus à l’est. En Iran, des Türkmènes chiites font couronner l’un d’eux chah et fondaient la dynastie des Séfévides (1502), ce qui provoque d’ailleurs la réaction de Selim Ier et l’amène, à défaut de pouvoir abattre le nouveau souverain, à occuper la Syrie et l’Égypte, comme nous l’avons vu plus haut. La guerre irano-turque, guerre de religion et guerre ethnique, les Séfévides étant devenus tout à fait Iraniens, ne cessera pratiquement plus et contribuera à la ruine de l’Anatolie orientale, au malheur de sa population turque, kurde, et surtout arménienne. En Asie centrale, les Timourides sont balayés par d’autres Turcs, les Ouzbeks, qui se sont unifiés dans la région de Tobolsk (en Sibérie occidentale) en 1428, puis ont affronté les Kalmouks qui leur ont infligé de sérieux revers (1459). À cette occasion, une fraction importante des leurs fait sécession : ils deviennent des « fugitifs », en turc kazak (kazakh), dans les steppes qui forment aujourd’hui le pays qui porte leur nom, le Kazakistan. Les Ouzbeks, quant à eux, se ressaisissent vite, sous la direction de Muhammad Chaïbani – d’où le nom qu’on leur donne parfois de Chaïbanides. En 1500, ils conquièrent la Transoxiane et fondent l’Ouzbékistan (Uzbekistan). Être à Samarkand, à Boukhara, au Khwarezm, dans ce delta de l’Oxus si fertile – avant le désastre écologique de l’Aral –, c’est hériter d’un riche passé dont ils se montreront dignes, sinon par la puissance, du moins par leurs activités culturelles : Boukhara redevient une ville d’art, avec cette unité architecturale qui fait en partie sa beauté ; et son prestige est tel qu’on la nomme le royaume khanat de Boukhara. Il sombrera, bien sûr, ce khanat, et se disloquera. En 1732, Khokand fait sécession – mais déjà, dès la conquête, en 1512, le khanat de Khiva s’était déclaré indépendant. Ce dernier sera d’ailleurs en butte aux attaques des nomades turkmènes, leurs voisins, dont les terres forment aujourd’hui le Türkmenistan, et dévasté en 1770. La reconstruction de sa capitale, dans un parfait style ancien, fait d’elle une des cités les plus impressionnantes d’Asie centrale. Les descendants de Tamerlan n’ont pas tous disparu sous les coups de Chaïbani Khan. L’un d’entre eux, Babur Chah, qui sera non seulement un grand conquérant, mais aussi un poète et surtout un mémorialiste de génie, parvient à leur échapper. Depuis Kabul où il s’est réfugié et où il règne, il entreprend la conquête des Indes (1525) et y fonde la dynastie des Grands Moghols qui finira par unifier presque complètement le sous-continent sous Awrengzeb (1658-1707) et s’illustrera avec des princes tels que Akbar, Djahangir, Chah Djahan. L’œuvre que celle-ci accomplit est assez remarquable pour que les Anglais, quand ils l’auront définitivement abattue, en 1858, relèvent la couronne impériale pour la placer sur la tête de la reine Victoria et conservent l’essentiel de ses structures et de son organisation.

Jean Paul Roux

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22:35 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |